Je ne peux pas. Je ne peux pas vivre sans savoir si la vie leur fait du mal. Sans savoir qui leur fait du mal.
Mon raisonnement est peut être ridicule. J'ai besoin. Non pas besoin. Envie. La lubie de donner tout ce que j'ai.
Tout ce que monêtre est capable de donner, aussi maigre et insignifiant cela puisse être. J'ai tant la possibilité. Et mon coeur, et mon esprit ne peuvent fonctionner sans leur donner, le maximum. Le minimum n'est pas autorisé, n'est pas admis, est impardonnable. Pour moi-même. Pour ma propre conscience. Plus que tout je désire le sourire et le rire sur leurs visages et leurs voix. Plus que tout, je souhaite leur bonheur et qu'ils me disent : " Je suis heureux ou heureuse. " Comment pouvoir vivre en sachant que chaque soir, elles pleurent car leur mal être est au plus profond ? Comment pouvoir se regarder dans le miroir en sachant, qu'à soixante kilomètres, tes paroles idiotes, que tu aimerais prononcer à ses côtés, n'ont pas d'effet car tu ne peux pas les lui exprimer ? Je suis trop loin. Ton humeur sombre. Je la regarde. Tu sais que je serais là, quoi qu'il arrive. Tu sais que quoi qu'il arrive, mes mains sont là pour te rattrapper. Je tiens à toi, je tiens à chacun d'eux. Ma priorité. Je n'attends rien en retour. Rien. Un sourire. Le tien. Je ne déborde en rien, la satisfaction ne s'acquiert qu'avec le temps. On n'a jamais assez de temps pour donner tout ce qu'on a. Jamais. Cette personne, celle que tu as tant aimé, qui t'a tant fait attendre, qui n'a pas de conscience à culpabiliser de te faire mal, de te faire souffrir, cette personne ne devrait même pas exister. Elle ne mérite rien, salope de la vie. Eux ne sont qu'ordure. Ils condamnent en n'ayant rien à se reprocher, vie éternelle brodée de rose, cage dorée où rien ne semble les atteindre. Eux, sont les pires abrutis, les crétins finis, langues de putes. Je les hais autant qu'ils peuvent me le permettre, je les hais moralement comme jamais de t'avoir fait souffrir. Je ne suis pas rancunière et je pardonne même trop. Mais eux, rien ne leur est pardonnable, la pire espèce humaine. Rien. Rien. Je n'ai sans doute rien compris aux occasions à saisir pour perpétuer une réelle amitié, un réel amour. Mais ma façon de penser, ma façon de vivre, c'est celle là. Chacun d'eux, c'est moi. Je les aime tous, à ma manière, aussi étouffante soit elle, aussi accrochante et passionnée.